2 avril 2025

Quelles sont les intentions d’achat et de vente des Québécois en 2025

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), la Société d’habitation du Québec (SHQ) et le Fonds immobilier de solidarité FTQ ont récemment dévoilé les résultats de leur enquête 2024 portant sur les intentions d’achat, de vente et de location sur le marché immobilier québécois. Réalisée par la firme Léger auprès de 4 180 répondants, durant le 4e trimestre 2024, cette étude donne un aperçu des grandes tendances qui influenceront le marché au cours de la prochaine année.

L’enquête met en évidence les défis et les opportunités du secteur immobilier résidentiel, en analysant l’impact des tendances économiques sur les comportements des Québécois. Elle porte non seulement sur les intentions d’achat ou de vente, mais aussi sur les préférences en matière d’habitation, la perception des impacts environnementaux et l’effet des mesures facilitant l’accès à la propriété.

Ce qu’il faut retenir

  • Les 18 à 34 ans dominent largement les intentions d’achat immobilier au Québec.
  • Malgré la hausse continue des prix, l’envie d’acheter une maison reste forte chez les Québécois.
  • La baisse des taux d’intérêt a eu un effet positif sur les intentions d’achat de 75 % des acheteurs potentiels.
  • Près du deux tiers (65 %) des acheteurs potentiels envisagent d’acquérir une propriété existante.
  • Les Québécois sont ouverts à considérer l’impact environnemental dans leur choix d’habitation, mais ils manquent d’outils pour le faire.
  • Les intentions de vente de propriétés résidentielles au Québec demeurent relativement stables.
  • La location est perçue comme une solution temporaire pour les jeunes, mais comme une option à long terme pour les aînés.
  • Les locataires sont peu enclins à faire des compromis pour réduire leurs coûts de logement.

Intentions d’achat des Québécois

Malgré un contexte économique incertain, les jeunes adultes demeurent déterminés à acheter une maison. Toutefois, leur parcours est semé d’embûches, ce qui pourrait les amener à renoncer à leur projet.

Les jeunes adultes de 18 à 34 ans sont en tête des intentions d’achat immobilier

Près de la moitié (45 %) des 18 à 34 ans prévoient d’acheter une propriété résidentielle d’ici 5 ans. Ce chiffre est bien plus élevé que chez les 35 à 54 ans (24 %) et les 55 ans et plus (9 %). Cela démontre que, malgré les défis économiques, l’accès à la propriété reste une priorité pour cette génération.

De plus, environ la moitié (52 %) des 18 à 34 ans ayant l’intention d’acheter une maison dans les 5 prochaines années en seraient à leur première acquisition. Ce constat souligne l’importance des mesures pour les aider à réaliser ce projet.


Principaux freins à l’achat d’une propriété chez les 18 à 34 ans

 Raison de ne pas acheter

 Pourcentage (%)

 Situation financière actuelle

 32 %

 Conjoncture économique

 29 %

 Prix élevé des maisons

 25 %

 Mise de fonds insuffisante

 24 %


Malgré la hausse des prix immobiliers, les Québécois ne renoncent pas à leur projet d’achat d’une résidence principale

Les acheteurs potentiels s’attendent à payer en moyenne 457 000 $ pour une résidence principale en 2024, soit 4 % de plus qu’en 2023 (439 800 $).

« Pour la première fois depuis 2020, l’écart entre le prix payé et le prix envisagé se resserre, révélant une meilleure connaissance de la réalité du marché, durablement favorable aux vendeurs, et une certaine résignation. Le ralentissement de l’inflation et la baisse récente des taux d’intérêt hypothécaires n’y sont certainement pas étrangers. En effet, 75 % des acheteurs potentiels disent que la baisse des taux d’intérêt a eu un effet positif sur leurs intentions d’acheter. La perspective de futures baisses pourrait certainement contribuer à créer de nouvelles occasions sur le marché immobilier, puisqu’elle encourage les vendeurs potentiels à passer à l’action, notamment dans un contexte où un tiers des prêts hypothécaires arriveront à échéance au cours des 24 prochains mois », explique Charles Brant, directeur du Service de l’analyse de marché, à l’APCIQ.

En moyenne, les acheteurs potentiels épargnent pendant 4 ans pour rassembler leur mise de fonds. Le CELIAPP gagne en popularité : 58 % des premiers acheteurs envisagent de l’utiliser, comparativement à 46 % en 2023.

En outre, les mesures visant à faciliter l’accès à une première propriété sont généralement bien accueillies :

  • 62 % des locataires souhaitant devenir propriétaires estiment que l’augmentation de la limite de retrait du RAP pourrait les inciter à passer à l’action.
  • 61 % pensent que l’élargissement de la période d’amortissement hypothécaire à 30 ans les aiderait à accéder à la propriété.
  • 40 % croient que la hausse du prix plafond des prêts hypothécaires assurés pourrait les amener à concrétiser leur projet.

Une nette préférence pour les propriétés existantes

Près du deux tiers (65 %) des acheteurs potentiels prévoient d’acquérir une propriété existante. Ce choix est motivé par 2 principaux éléments :

  • Le prix plus abordable (50 %), en particulier chez les 18 à 34 ans (63 %).
  • La localisation stratégique (35 %), un critère clé pour les 55 ans et plus (51 %).

Un peu plus de la moitié (51 %) des Québécois ayant l’intention d’acheter une résidence principale au cours des 5 prochaines années comptent faire des rénovations, avec un budget moyen d’environ 15 800 $. Cette tendance montre une volonté d’adapter leur nouvelle propriété à leurs besoins, tout en augmentant sa valeur.

Un intérêt croissant pour l’impact environnemental dans le choix d’une habitation

Les Québécois accordent de plus en plus d’importance à l’impact environnemental dans le choix de leur domicile, mais ils ont besoin d’outils pour bien l’évaluer. Tout comme en 2022, plus de 4 Québécois sur 10 (43 %) pensent que leurs décisions n’ont pas de répercussions sur l’environnement.

Pourtant, plus de la moitié des Québécois (56 %) considèrent cet enjeu comme important quand vient le temps de choisir une maison et son emplacement. Voici un aperçu des autres critères environnementaux pris en compte.


Critères de l’impact environnemental d’une propriété

 Critère environnemental

 Pourcentage (%)

 Consommation d’énergie

 55 %

 Durabilité des matériaux de construction

 36 %

 Emplacement favorisant les transports actifs

 27 %


« Bien que la majorité des Québécois considère que l’information disponible sur les questions environnementales liées à l’immobilier est suffisante (56 %), il reste des gains à faire pour mieux les accompagner vers des choix éclairés. C’est d’ailleurs notre engagement à jouer un rôle influent pour bâtir des milieux de vie plus durables, dans un contexte où il faut augmenter rapidement l’offre de logements », souligne Martin Raymond, président-directeur général, Fonds immobilier de solidarité FTQ.

Intentions de vente d’une propriété résidentielle en 2025

Le marché québécois de la revente résidentielle est influencé par plusieurs facteurs personnels et stratégiques variant en fonction des différentes étapes de la vie des propriétaires ainsi que de leurs projets.

Le marché de la revente est marqué par la stabilité

Les intentions de vente de propriétés résidentielles au Québec demeurent relativement stables en 2024, avec 14 % des propriétaires qui envisagent de vendre dans les 5 prochaines années, une tendance comparable à l’année précédente.

Toutefois, les raisons qui poussent à vendre sont diverses et varient en fonction de l’âge et de la situation financière et personnelle des gens. Parmi les 18 à 34 ans, la principale motivation est le souhait de trouver un logement plus grand afin de l’adapter à l’arrivée d’un enfant (19 %), ou encore plus spacieux (35 %) ou plus récent (23 %).

À l’inverse, les personnes de 55 ans souhaitent simplifier leur quotidien ou libérer du capital pour d’autres projets. Ainsi, plusieurs personnes envisagent de vendre avant la retraite (58 %) ou à cause de l’âge (45 %), pour avoir moins d’entretien (45 %) ou une superficie plus petite (27 %).

Vendre sa maison : une décision financière stratégique

Au-delà des considérations personnelles, vendre une propriété est également une décision stratégique. Parmi les vendeurs potentiels, 24 % souhaitent profiter d’un gain financier sur leur investissement immobilier.

De plus, 53 % des vendeurs potentiels reporteraient la vente de leur maison s’ils ne trouvaient pas une nouvelle propriété adaptée à leurs besoins et 28 % réévalueraient ce projet si les prix baissaient trop.

Pour maximiser leur retour sur investissement, 61 % des vendeurs prévoient de rénover leur domicile avant de le mettre sur le marché, avec un budget moyen de 17 750 $.

Marché locatif : une option temporaire pour les jeunes, une solution permanente pour les aînés

Les locataires perçoivent la location de manière différente en fonction de leur âge. Plus de la moitié d’entre eux (51 %) voient cette étape comme transitoire et prévoient déménager d’ici 5 ans. Cette proportion atteint 79 % chez les 18 à 34 ans, principalement parce qu’ils veulent devenir propriétaires (48 %). À l’inverse, 60 % des 55 ans et plus désirent rester dans leur logement actuel, appréciant la stabilité et la simplicité qu’offre la location.

Ce changement de priorités se reflète aussi chez les propriétaires de 55 ans et plus. Parmi ceux qui envisagent de vendre leur résidence principale, 31 % seraient intéressés par la location d’un logement, confirmant ainsi leur désir de diminuer les responsabilités reliées à l’entretien d’une propriété.

Le prix, la sécurité et la proximité sont les critères les plus importants

Lorsqu’il s’agit de choisir la localisation d’un futur logement, 3 facteurs décisifs sont pris en compte, comme en 2023 : le prix, la sécurité du voisinage et la proximité des services. Au-delà de l’emplacement, les locataires accordent une grande importance aux caractéristiques de l’immeuble et du logement lui-même :

  • Pour l’immeuble : un système de ventilation efficace, un espace de rangement réservé et un dispositif de sécurité contrôlant les accès.
  • Pour le logement : une bonne insonorisation, un balcon privé et une faible consommation d’énergie.

Selon Jean Martel, président-directeur général de la SHQ, les résultats du sondage Léger montrent que le prix arrive en tête des critères pris en compte dans le choix d’un appartement : « À la SHQ, nous redoublons d’efforts pour augmenter rapidement l’offre de logements abordables afin de répondre aux besoins de plusieurs ménages québécois pour lesquels l’abordabilité est un enjeu majeur. Rappelons que dans un contexte de faible taux d’inoccupation pratiquement partout au Québec, les locataires qui prévoient déménager cette année doivent commencer leurs recherches rapidement, et surtout, avoir trouvé un nouveau logement avant de résilier leur bail actuel. La SHQ mène en ce moment une campagne d’information pour les accompagner dans cette démarche importante. Les locataires qui auraient besoin d’aide dans leur recherche de logement sont invités à visiter Québec.ca/RechercheLogement et à contacter le service d’aide à la recherche de logement de leur office d’habitation. »

De nombreux locataires sont prêts à payer un loyer plus élevé pour avoir plus de commodités. En effet, 76 % d’entre eux accepteraient une hausse de prix pour profiter de certains avantages, tels qu’un logement plus grand, un stationnement intérieur, un balcon plus spacieux ou une pièce additionnelle.

Peu d’intérêt à déménager ou se relocaliser pour économiser

Pour réduire les coûts d’habitation, 47 % des répondants envisageraient de vivre dans une plus petite résidence, un résultat stable par rapport à 2023. Seuls 42 % accepteraient de déménager loin des centres urbains et des services de proximité pour économiser. Vivre en colocation séduit très peu, puisque seulement 13 % des répondants seraient prêts à partager leur logement avec une autre personne.

Marché immobilier en 2025 : les Québécois s’adaptent toujours

L’étude 2024 sur les intentions d’achat et de vente au Québec offre un aperçu des tendances du marché immobilier pour l’année 2025. Malgré les défis économiques actuels, le désir d’acheter une maison reste élevé, en particulier chez les jeunes adultes de 18 à 34 ans.

Le marché immobilier est en pleine évolution, avec des taux d’intérêt en baisse, une préoccupation croissante pour des choix plus écologiques et des mesures visant à faciliter l’accès à la propriété. En fin de compte, les Québécois continuent de s’adapter aux réalités du marché, tout en cherchant des solutions pour concilier leurs désirs et leur situation financière.

Pour en savoir plus sur l’étude, n’hésitez pas à écouter l’épisode dédié: Résultats de l'étude Léger sur les intentions d'achat et de vente des Québécois dans le balado de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) : L’Immobilier en mouvement .

Article écrit en collaboration avec :


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